L’hacktivisme en France

Devenu en quelques années le plus important média de communication au monde, Internet s’est démocratisé à tel point qu’il est dorénavant incontournable dans la plupart des domaines du quotidien. Le web a vu également l’émergence de différentes communautés, comme les hackers. On dénombre plusieurs catégories de pirates informatiques, dont certains pratiquent l’hacktivisme. En quoi consiste-t-il ? Quels sont les mouvements et les figures célèbres ?

Qu’est-ce que l’hacktivisme ?

On distingue les hackers selon leurs intentions. Les White Hat (littéralement « chapeau blanc ») utilisent leurs compétences pour détecter, signaler et parfois résoudre des failles de sécurité. Les Black Hat sont des cybercriminels qui mettent à profit leurs savoirs pour voler des données, espionner ou réaliser des transactions illégales. Quant au groupe des Grey Hat, leur comportement est plus nuancé, puisque ces pirates exploitent la technologie comme ils le désirent. Ils peuvent choisir d’agir pour leur propre compte, ou proposer leurs services.

Définition de l’hacktivisme

Un quatrième groupe vient se greffer à la communauté de hackers : les hacktivistes. On peut les assimiler à des militants politiques dont le but est d’entreprendre une évolution sociétale du point de vue des gouvernances. À l’instar des Anonymous ou de Wikileaks, ils réalisent des opérations à fort potentiel médiatique pour alerter l’opinion publique. Parmi les moyens technologiques employés, on peut évoquer les attaques pirates suivantes : 

  • la défiguration : il s’agit d’une modification de page web non effectuée par le propriétaire ou l’administrateur, pour distribuer un tract ou véhiculer un message spécifique ;
  • le vol de données qui présentent un caractère confidentiel et sensible, en vue de les diffuser à une grande échelle ;
  • le détournement de serveurs, pour stopper ou paralyser une activité, bloquer l’accès à certaines sources d’informations ;
  • les attaques par déni de service (Ddos) : le pirate sature un réseau pour empêcher l’utilisation d’un service…

Un hacktiviste ne se contente donc pas d’un « défi technologique » quand il cracke un système de sécurité. Il n’est pas non plus motivé par l’appât du gain. Il promeut un idéal, et met tout en œuvre pour le défendre.

L’hacktivisme éthique : le militantisme en ligne

Cette forme d’activisme numérique vise principalement les politiques. Le hacker défend une idéologie. Il s’agit généralement de la liberté d’expression sur Internet et dans la vie quotidienne. Malgré des méthodes et des moyens qui s’affranchissent de la législation des pays, on parle éventuellement d’hacktivisme « éthique ». Autrement dit, pour le pirate, l’emploi de moyens subversifs et le détournement de la technologie se justifient par la motivation première d’éveiller les consciences. 

Alerter la population sur les agissements d’un régime autoritaire ou sur un mensonge d’État constitue le principal argument d’un hacktiviste. Avec des nuances morales qu’il convient de redéfinir selon chaque cas de figure, cette forme de piratage sert également aux guerres de religion, à la géopolitique, à la culture et à l’économie.

Les hacktivistes célèbres en France et dans le monde

On dénombre plusieurs hacktivistes ou groupes célèbres, comme Julian Assange, fondateur de Wikileaks ; ou Edward Snowden, lanceur d’alerte sur les agissements d’agences de renseignements. Anonymous est l’exemple le plus représentatif de l’hacktivisme à travers le monde. Le collectif milite activement contre toute forme de cybercensure et d’atteinte à la liberté d’expression. Il opère aussi bien en Occident que dans le Moyen-Orient ou en Asie. Parmi leurs actions notables, on retrouve :

  • l’attaque par déni de service du site web de Mastercard en 2010 pour soutenir Wikileaks ;
  • le projet Chanology pour lutter contre certains agissements de l’église de scientologie ;
  • l’opération Blackout pour dénoncer les projets de loi SOPA et PIPA, des équivalents américains d’HADOPI.

En France, comme ailleurs, des manifestations non virtuelles sont également organisées. Les hacktivistes d’Anonymous se présentent alors avec un masque de Guy Fawkes pour symboliser la révolution digitale qu’ils défendent. Bien qu’elles n’officient pas sur le territoire national, d’autres figures du mouvement hacktiviste sont aussi connues. C’est notamment le cas de Richard Stallman, créateur du concept de logiciel libre, ou encore du groupe LulzSec. Ce dernier est responsable de nombreuses attaques, dont certaines contre la CIA et Sony.

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